
Le ton monte entre les deux rives de l'Atlantique sur la régulation de l'intelligence artificielle. Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, s'en est pris publiquement aux propositions avancées par OpenAI et Anthropic, qu'il qualifie sans détour de « marketing de la peur » destiné à « solidifier des avantages et des monopoles ».
Le 4 juin, Anthropic proposait un moratoire mondial sur le développement de l'IA auto-entretenue. En février, OpenAI plaidait déjà pour une agence internationale de régulation calquée sur le modèle de l'AIEA. Deux initiatives que Mensch interprète comme une manœuvre concurrentielle : « C'est un domaine où ça coûte très cher d'entraîner les modèles, un certain nombre de sociétés vont donc vouloir empêcher la concurrence parce qu'elles vont vouloir monétiser ce qu'elles ont payé très cher », résume-t-il.
Le vrai danger n'est pas celui qu'on agite
Pour le patron de la pépite française, les scénarios catastrophe relèvent de « la science-fiction » et d'« une diversion faite de manière complètement réfléchie ». Le véritable danger, selon lui, est ailleurs : « Le vrai risque de l'intelligence artificielle est l'influence massive sur la manière dont les gens pensent, sur la manière dont les gens votent ». Un risque bien réel, mais qui pointe précisément vers ceux qui contrôlent les modèles les plus déployés — c'est-à-dire ses accusateurs eux-mêmes. « Une situation monopolistique sur l'intelligence artificielle serait vraiment le plus grand désastre qu'on pourrait connaître », prévient-il, pointant un risque de décrochage technologique européen.
Sources : Franceinfo, France Inter